Je t’ai vu pour la première fois
Au journal télévisé de France trois
Tu te prénommes Abéni
On te donne dix ans dans ton pays
Les rebelles ont brûlé ton village
Tu sais les Hommes ne sont pas très sages
Heureusement tu étais au puit
Mais toute ta famille a péri
Des soldats sont venus t’emmener
Besoin de grossir les rangs de l’armée
Ton maigre corps criant famine
A cédé à l’appel des mines
Sous la chaleur de ton soleil
Déjà il faut que tu t'éveilles
après toutes les tâches quotidiennes
L'endoctrinement dans le haine
Dans un treillis trop grand pour toi
Tu n’as pas vraiment la tête de l’emploi
Tu as appris à manier les armes
Et les douilles ont remplacé tes larmes
On te tend un automatique
Il n'est jamais question d'éthique
Tu vises toujours au centre de la cible
A cœur vaillant rien d’impossible
Insensible à la vue du sang
Tu fais appel aux faux-semblants
Chaque jour tu dois survivre
Le travail ne rend pas libre
Prisonnier de tes pensées impures
Tu t'évades grâce à des drogues dures
Comme cela ton âme quitte la Terre
Une façon de retrouver ses péres
Tu es devenu un vrai meurtrier
Mais les gens sont des faux jouets
Tu t'es habitué aux coups de feu
Pourtant tuer n’est pas du jeu
Sous une lumière immaculée
Tu ne rejoindras pas Morphée
Seul dans ce monde immense
Serait-ce un délit d'innocence ?
Avoir pactisé avec le Diable
Le rend-il forcément coupable ?
Ils ont perdu leurs blanches ailes
Nous restons sourds à leurs appels
Chouchou |